Vendredi 7 août 2009, avant le départ en Normandie
Eh oui, je repars en vacances pour dix jours ! Dix jours de sevrage de PC ... et de montagne !
En attendant quelques souvenirs d'une journée à la maison avec Caro et ses trois filles "aquatiques"
Noémie Alice et Caro
Maud Alice
"… tout un monde d’aventure. Tout un monde dont je découvrais la magie en solitaire s’ouvrait à moi, qui ne sortais de ma ville qu’en voiture. Nulle personne qui n’a jamais fait ça ne peut comprendre ce que l’on ressent lorsqu’on est seul, tout seul, avec la vie. Je souhaitais que plus un chemin, plus une maison, plus un village ne me soit étranger. Je crois que je me suis mise à aimer pour elles-mêmes les routes ensoleillées et les kilomètres de côtes. J’ai vu des choses qui étaient d’autant plus merveilleuses que je ne pouvais et ne voulais les partager avec personne. Je ne peux pas raconter quels sourires j’ai aimé, quels bonheurs j’ai rencontrés : ils sont immatériels, j’ai peut-être seulement rêvé d’avoir été si loin.
J’avais besoin de découvrir toute seule ce qu’il y avait au-delà de moi-même, sans tricher, de conquérir la vie à la sueur de mon front. Je voulais payer de moi-même mon bonheur.
Aller à B. , c’était donc m’arracher à la douceur, à la chaleur de la maison, à la facilité du quotidien. C’était décider de
moi-même, seule, sans que personne ne me l’ordonne ou ne m’influence, si j’allais tourner à droite ou à gauche. C’était une chance de liberté véritable, que nul n’avait le droit de me voler.
Aller là-bas, c’était vivre pendant deux heures sur une planète où personne d’autre n’avait accès, dans un monde sillonné de routes à l’infini, un monde où je découvrais sans cesse quelque chose
nouveau. Vivre selon son instinct, savoir où est son bonheur lorsque rien n’est facile ou gratuit.
Aller à B., c’était sourire aux pancartes, chanter à tue-tête le long d’une route déserte parce qu’elle descend un peu … c’était aussi se perdre et sangloter et gémir dans mon coin toute seule en
étant plus profondément heureuse que jamais. […]
J’avais entrevu un autre monde sans contrainte, il était normal que j’en fus privée …[…] Je ne veux pas du connu, du sûr, du garanti sans risque pour enfant de moins de dix ans. Je n’ai pas peur de l’épuisement […]
Encore une chose à dire, c’était tout de même merveilleux, mes vingt quatre kilomètres six cent …"