Mercredi 28 octobre 2009, Montagne de l'Epenet, randonnée pédestre, 400 m D+
Le Pilier Sud est à droite
Il y a quatre ans de cela, j'ai eu l'occasion gravir le Roi Gros Nez (cette spectaculaire falaise qui domine la route juste avant d'arriver au col de Tourniol). Nous avions fait
avec Pierre le "Pilier Sud", la voie facile du coin. Il faisait très frais et nous avions "expédié" l'affaire, à 10 heures du matin nous étions en haut. mais la vue était bouchée et le vent du
Nord sensible. J'ai eu envie de retourner sur cette crête, cette fois ci juste pour profiter de la vue et de l'incroyable soleil d'automne.
Garée au parking "grimpeurs", j'ai remonté la raide sente qui sert de descente des voies, jusqu'à l'échine de la montagne de l'Epenet, que j'ai suivie jusqu'au point culminant.
De là-haut, je voyais le Mont Blanc, le Mézenc et le Grand Ferrand ainsi que la Meije. Mais ce qui attirait le regard, c'était les forêts du Vercors et leur fabuleuse composition colorée.
Pour rester sur les crêtes, j'ai décidé de cheminer sur le fil jusqu'au col de Tourniol. Un cheminement pas toujours simple entre les arbres, les buis et les rochers. Parfois la sente
semblait plonger dans les buis pour s'y perdre. Il fallait la suivre pourtant dans la pénombre en écartant les branches, pour resurgir en plein ciel un peu plus loin. Je sentais la lumière
décliner et toujours aucun moyen de descendre vers le col dans cette végétation.
J'ai commencé à penser que je n'avais pas de lampe, que je me voyais mal parcourir ce genre de chemin de nuit, quand soudain la sente a littéralement basculé du côté du col : dix minutes
plus tard, je marchais sur la route, recouverte de feuilles après le dernier coup de mistral. Un cycliste silencieux m'a fait faire un bond de deux mètres, tant j'étais absorbée par ma
contemplation des arbres sous les derniers rayons du soleil.
Une jolie petite balade, proche de chez moi, un peu acrobatique et donc bien peu fréquentée et jamais décrite ! Dommage, je n'ai pas vu de chamois, mais les chamois sont à Chabeuil, ma fille les
voit très souvent; ils sont trois maintenant à venir ... manger les fruits dans les jardins !
Dimanche13 septembre 2009, Massif des Bauges d'Arclusaz par la ceinture rocheuse, 1400m D+
Il paraît qu'au moindre retard de compte-rendu j'aurai un mot sur mon carnet, alors voici mon devoir du jour !
Avec Caro et son beau-frère Mickaël, nous choisissons d'aller dans les Bauges pour changer un peu. Nous n'avons encore jamais foulé ni de nos pieds, ni de nos skis, le sommet de
la Dent d'Arclusaz (2041m) au-dessus de St Pierre d'Albigny.
Le cheminement qui nous tente, c'est le passage par la ceinture rocheuse ; Caro et moi partageons le goût des itinéraires sauvages et parfois à la limite de la randonnée. Celui-ci devant
être parcouru lorsque la terre est sèche, en raison des nombreux passages terreux-herbeux assez exposés, c'est le moment d'en profiter.
Voici où trouver des précisions sur cet itinéraire
Le lien Bivouak
Le topo d'Antoine Salvi
Caro fait de la botanique
Le "vrai" départ n'est pas très simple à trouver, entre les pistes forestières, les chemins creux et raides remplis de feuilles qui sont en fait des toboggans de tirage, le sentier
transversal qui descend alors qu'on l'espère montant .... mais ce petites hésitations font partie du plaisir, et se déroulent dans une ambiance mystérieuse et embrumée . Nous ne faisons aucune
erreur cependant, et bientôt nous tombons sur un balisage abondant.
Une première barre rocheuse est surmontée grâce à un câble qui semble neuf. Au dessus, l'herbe sert parfois de prise, tout autant que les rochers. L'impression de vide est très atténue par la
visibilité modeste. Une trouée se présente, laissant entrevoir les sommets lointains, mais elle ne fait qu'accentuer l'impression d'étrangeté. Les repères habituels sont boulversés.
Caro dans le passage
clé Rocher
étrangement ciselé
En partie haute, nous pénètrons dans la cheminée tout droit : un premier passage facile, puis une sorte de mur, pourvu de bonnes marches mais assez impressionnant car on y accède par
le côté et on est tout de suite plusieurs mètres au-dessus du fond du couloir. Mais les marches sont bien horizontales, et font près de 10 cm : de quoi placer les pieds en sécurité, tandis que
les mains s'appuient sur des a-plats. Le passage est rapidement franchi, et la corde restera au fond du sac.
La plus belle éclaircie du jour
Nous sommes maintenant au soleil, même si les nuages baujus nous environnent . Nous débouchons sur l'arête, tout près du Col d'Arclusaz.
La montée (sur sentier) pour atteindre le sommet de la Dent est plus longue qu'on imagine. Traverser près des arêtes n'est pas une bonne idée, on perd beaucoup de temps, il vaut mieux accepter la
brève redescente.
Longue traversée vers la
dent
Le miam
Merde ... nuages !
De nombreux randonneurs arrivent au sommet par le chemin que nous emprunterons à la descente, tandis que nous pique-niquons en espérant en vain le départ des
nuages.
Descente sereine dans l'herbe
La descente se déroule sans incident sur un bon sentier ; nous sommes suivis par deux jeunes chiens de chasse aussi gentils que stupides, qui ont perdu leur meute et croyaient l'avoir
retrouvée avec nous. Plus collant qu'eux tu meurs !
Il faudra revenir pour la sensation de vide dans la ceinture rocheuse car le brouillard gomme tout ! Quand on fait de la rando du vertige on se délecte aussi de la vision du fond de vallée tout en bas tout en bas , des parois qui plongent et des ravins insondables ...
Jeudi 10 septembre 2009, Massif de la Chartreuse, Grand Som par le col du Fret, 1100 m D+
Ce matin pleine de bonnes résolutions pour cette année scolaire qui commence, bien décidée à exploiter au maximum les journées combinant congé ET beau temps, j'ai réglé le réveil sur
5h30. J'avais pensé sortir avec Laurence, mais elle s'est mise activement au parapente et attend une voile qu'elle doit essayer. Je n'ai donc rendez-vous qu'avec moi-même.
5h30 donc .... mais qu'est-ce qu'il me veut ce téléphone portable .... je mets plusieurs minutes à émerger de mon état semi-comateux. Autant je me lève facilement quand je sais qu'on m'attend (on
se moque beaucoup de moi à la maison pour mon obsession de la ponctualité) , autant là, franchement, c'est dur. De plus j'ai perdu mes bonnes habitudes printanières.
Grand Som : troisième sommet de Chartreuse
Il me faut arriver sur place pour retrouver l'inaltérable plaisir d'être en montagne. J'ai choisi d'aller découvrir deux itinéraires que je ne connais pas : le col du Frêt par
les 120 lacets (bon c'est vrai je l'ai skié dans le brouillard celui-là) et l'arête Nord du Grand Som , et le Racapé suivi de la crête
des Aures à la descente. Le départ se fait des Reys, un hameau situé non loin du Col du Cucheron. On peut trouver une excellente description de ce
circuit dans Chartreuse Inedite de Pascal Sombardier.
Le départ est facile à trouver, et pour gravir les 120 lacets qui suivent, il suffit d'une seule paire de chaussures. Je n'ai pas compté les lacets, car certains sont tout petits, des bébés
lacets. Si l'air était vif au départ, il fait bien chaud lorsque j'arrive au col du Frêt (bon OK je sors elle n'est pas terrible ...c'est à force de faire trop bloguer ....)
La vue est un peu décevante car une sorte de brume rend les sommets lointains presque invisibles et même les vues proches sont assez ternes.
Arête N : arbres et
rochers
Un passage plus dégagé
Il me reste 300 m à gravir mais la petite arête Nord comporte beaucoup de petites bosses. Elle est peu exposée, plus facile que je l'imaginais ; il faut parfois se contortionner pour passer sous
les arbres assez envahissants. Deux passages sont infranchissables sur le fil, il faut descendre versant Ouest pour en faire le tour.
Vers le haut je suis doublée par un gars en course à pied, qui semble "facile"et je rencontre un parapentiste : les sommets proches de Grenoble sont régulièrement fréquentés, en semaine
également, par des aficionados de disciplines variées.
L"étonnante table d'orientation du sommet
Et une curieuse plaque qui clame une vérité irréfutable !
La plaque qui fait peur !
Le passage qui ne fait pas peur !
La descente par le Racapé comporte un passage câblé sans difficulté. Au col en dessous, celui-ci est signalé par un panneau très dramatique ! Mais je trouve ça bien
mieux qu'une interdiction ...
Je suis maintenant sur un itinéraire beaucoup moins connu, dans une forêt où la végétation s'en donne à coeur joie. la fréquentation semble cependant suffisante pour garder le sentier visible. En bas, je perds un peu les repères de la description, mais au moment où je me dis que je vais finir par un plan total loose dans la forêt, je tombe sur mon sentier de montée.
Seul regret, je n'ai pas vu un seul chamois ! Que des moutons !
Cette jolie boucle m'a pris environ 6h, je m'accorde une gauffre et un café à St Pierre de Chartreuse ....