Jeudi 28 mai 2009, Pic Bayle, ski de randonnée, 1150 m D+
Eh non, les renardes n'ont pas viré sado-maso, nous avons juste choisi comme but de notre randonnée d'aujourd'hui le point culminant du massif des Grandes Rousses : le
Pic Bayle (3450 m)
Le col et le Pic de la pyramide , le Pic Bayle lui est "caché derrière" !
Il faut dire qu'il répondait parfaitement au cahier des charges : un départ très élevé (2300 m) avec la neige pratiquement à la voiture, et un temps de trajet modéré pour mon habituel (et dernier
de l'année scolaire) retour à 15h30 à Valence.
Le réveil à 3h est difficile, je mets une bonne demi-heure à me sentir d'aplomb. Enfin, ce n'était pas une raison pour écraser un "oiseau à roulette" comme je l'ai fait dans la montée de
l'Alpe d'Huez ! les "oiseaux à roulette" sont une vieille "private joke" qui date de 2002. Lors d'une rando à Ambin, nous avions observé des oiseaux, qui au lieu de voler,
semblaient avoir des roulettes et se déplaçaient au ras du sol à toute vitesse. Depuis, nous leur avons conservé ce nom bizarre. Celui-ci roulait en travers de la route, dommage pour lui
!
Pour atteindre le départ, il faut remonter en voiture des pistes de skis de l'Alpe d'Huez , heureusement, c'est des vertes !!!! On se gare à côté de la neige et c'est parti. Le début est rapide
même si le décor station déserte est un peu glauque. On trouve une multitude d'objets dans la neige , comme un téléphone portable en lambeaux, une branche de lunette, des rondelles de bâtons
...
Ben non, il ne marche pas !
On traverse sous le Pic du lac Blanc bien connu ; à propos des lacs, d'ailleurs, ils ont une fabuleuse couleur bleu lagoon ; le ciel est nuageux, il se dégage peu à peu mais le vent se lève, un
vent violent et froid qui contraste avec la canicule de ces jours derniers. Je finis par monter avec quatre couches de vêtements , ce qui est exceptionnel !
Mais le froid me plaît et je me sens plutôt bien, même si je n'aime pas trop quand le vent me déséquilibre.
Le terrain se raidit !
Les nuages s'envolent
Aux abords du col de la Pyramide, la pente devient raide et il faut mettre les crampons et porter les skis ; nous les garderons également sur le dos pour la raide pente
terminale.
Vue sur le lac des Quirlies encore gelé et les Aiguilles d'Arves
Summit !
Il n'est guère plus de dix heures du matin lorsque nous atteignons le sommet ... la neige est encore très dure, nous nous sommes levés bien trop tôt ( on va croire que j'aime me lever à 3heures
!!!) ... quant à attendre le dégel avec ce vent froid ... Ce sera donc descente technique en neige dure, mais que j'ai beaucoup apprécié; seul un passage, en neige très blanche et très lisse
présentait une accroche moyenne dans une pente prononcée. Sous le col de la Pyramide, la chute est dangereuse en raison des nombreux rochers; mais finalement c'est passé quasiment sans
stress.
Plus on descend, plus la neige est douce et le ski facile ; pas mal finalement, les piste de l'Alpe après la fermeture ! Le dernier virage a un goût particulier ... est-ce le dernier de la saison
?
Retour vers les pistes
En tout cas une sortie clé, car ça y est, j'ai dépassé mon objectif de la saison, les 50000 m de D+ ! C'est la première fois de ma vie ![]()
des fleurs sur du terrain bien rude ...
De retour dans la station, on croise tout un tas de personnages distrayants : une blonde dans un 4x4 entrain de téléphoner arrêtée en plein milieu de la route, trois motardes entrain de prendre
en photo trois motards tout fiers sur leur machine, et bien sûr des cyclistes de tous niveaux entrain d'accrocher l'Alpe à leur liste de grimpées, et aussi ceux qui font demi-tour au lacet
n°3.
L'été est en marche !
Samedi 23 mai 2009 , Rosières, Ardèche, 95 km, 2600 m D+
Depuis longtemps j'ai envie de retourner à la limite de l'Ardèche et des Cévennes ; c'est un peu loin de Valence pour les balades usuelles, mais ce matin Solange profite d'un covoiturage pour
aller aux Pialoux !
Je me lève donc à six heures pour profiter de la fraîcheur matinale (Non, ce n'est pas tôt ! c'est trois heures plus tard que pour mes dernières sorties à skis !)
Le circuit auquel j'ai pensé démarre de Rosières (ou de Joyeuse) et remonte l'étroite vallée de la
Drobie jusqu'aux crêtes . La première partie est particulièrement agréable, en pente modérée ; on peut admirer la rivière en contrebas et des ponts sortis du fond des âges
(il y a pas mal de ponts romains dans la région) . J'aimearis bien faire un petit séjour dans ces coins pour me promener et dénicher les plus jolies piscines naturelles, la région en est
truffée.
Après Sablères, la pente se redresse brusquement pour atteindre un pourcentage respectable. Je commence à souffrir un peu de la chaleur dans les zones ensoleillées.
On rejoint alors la Corniche du Vivarais Cévenol, où je mange mon sandwich en contemplant une vue superbe, quoiqu'un peu embrumée ; de ce point il existe plusieurs
descentes possibles : la plus courte par la corniche, la plus joueuse par Thines (la route n'est pas sur la carte ni sur Géoportail, mais si, je vous jure, elle existe ...), la
plus classique par Loubaresse et la vallée de la Beaume, .... et celle qui me tente, par Montselgues et la vallée de la
Borne.
Montselgues : site d'escalade
J'ai trouvé un cyclo pour me photographier !
Je passe donc la col de Teste Rouge (c'est moi qui ai la Teste un peu rouge ) , avant de basculer sur la vallée de la borne, que l'on rejoint par une route pentue, gravillonneuse
et ... trouée ! Là la vitesse culmine à 25 km/h ...malgré la descente ! Au fond, la chaleur se fait étouffante. La vallée est truffée de vasques irrésistibles. Mais je ne peux pas m'arrêter
, je commence à être à la bourre pour aller chercher Jérôme à la gare à 17h30 !
La vallée devient faiblement descendante; un petit vent de face oblige à pédaler et par cette chaleur, ça désèche.
Et puis je n'ai pris qu'un seul bidon, c'est pô bien ça ! J'ai pris aussi des coups de soleil car j'avais oublié la crème, c'est pô bien non plus ! Mais comme dit Bénabar
"Si au soleil tu t'endors, de biafine tu t'enduiras" ... c'est l'effet papillon !
Il y a plusieurs barrages sur la Borne, et donc des lacs dont la fraîcheur contraste avec la végétation aride et les rochers. Des friches industrielles très importantes témoignent d'un passé très
actif, certaines de ces batisses semblent avoir été reconverties en maisons d'habitation.
Dans la fournaise, j'arrive aux Vans après une petite remontée, et je suis ravie de trouver de l'eau. La retour à la voiture se fait sur une route très fréquentée et c'est moins rigolo ; mais ce
tronçon me réserve une petite surprise : après une montée peu pentue mais longue et fatigante à cause de la chaleur, je découvre une belle descente parfaitement droite au revêtement neuf :
l'occasion de battre mon record de vitesse et d'atteindre 62,9 km/h !
Ca fera rire les vrais cyclos mais pour moi c'est géant !!!!
C'est bon je suis arrivée avec 15 mn d'avance à la gare...
Très belle sortie mais ce soir j'ai soif, soif et resoif !
"… tout un monde d’aventure. Tout un monde dont je découvrais la magie en solitaire s’ouvrait à moi, qui ne sortais de ma ville qu’en voiture. Nulle personne qui n’a jamais fait ça ne peut comprendre ce que l’on ressent lorsqu’on est seul, tout seul, avec la vie. Je souhaitais que plus un chemin, plus une maison, plus un village ne me soit étranger. Je crois que je me suis mise à aimer pour elles-mêmes les routes ensoleillées et les kilomètres de côtes. J’ai vu des choses qui étaient d’autant plus merveilleuses que je ne pouvais et ne voulais les partager avec personne. Je ne peux pas raconter quels sourires j’ai aimé, quels bonheurs j’ai rencontrés : ils sont immatériels, j’ai peut-être seulement rêvé d’avoir été si loin.
J’avais besoin de découvrir toute seule ce qu’il y avait au-delà de moi-même, sans tricher, de conquérir la vie à la sueur de mon front. Je voulais payer de moi-même mon bonheur.
Aller à B. , c’était donc m’arracher à la douceur, à la chaleur de la maison, à la facilité du quotidien. C’était décider de
moi-même, seule, sans que personne ne me l’ordonne ou ne m’influence, si j’allais tourner à droite ou à gauche. C’était une chance de liberté véritable, que nul n’avait le droit de me voler.
Aller là-bas, c’était vivre pendant deux heures sur une planète où personne d’autre n’avait accès, dans un monde sillonné de routes à l’infini, un monde où je découvrais sans cesse quelque chose
nouveau. Vivre selon son instinct, savoir où est son bonheur lorsque rien n’est facile ou gratuit.
Aller à B., c’était sourire aux pancartes, chanter à tue-tête le long d’une route déserte parce qu’elle descend un peu … c’était aussi se perdre et sangloter et gémir dans mon coin toute seule en
étant plus profondément heureuse que jamais. […]
J’avais entrevu un autre monde sans contrainte, il était normal que j’en fus privée …[…] Je ne veux pas du connu, du sûr, du garanti sans risque pour enfant de moins de dix ans. Je n’ai pas peur de l’épuisement […]
Encore une chose à dire, c’était tout de même merveilleux, mes vingt quatre kilomètres six cent …"
Mardi 19 mai 2009, St Agrève , vélo 76 km, 1250 m D+
Cette semaine Jérôme est en vacances (moi aussi, tous les mardis) et nous profitons du beau temps insolent pour aller découvrir un coin un peu éloigné de Valence. Nous connaissons St Agrève, pour
y être passés lors de nos cinq Adéchoises.
Mais qu'y-t-il au-delà de St Agrève ? C'est ce que nous voulons découvrir aujourd'hui.
Voici le parcours
A début nous sommes en terrain connu puisque nous passons non loin du Lac de Dévesset, sur lequel nous avons ... marché cet hiver. Le paysage a un peu changé depuis !
Le Lac du Dévesset et le Mézenc
De petites routes nous mènent à Tence, puis Yssingeaux, dans une campagne verdoyante où l'on peut apercevoir les reliefs caractéristiques du coin : les Sucs. Ici
il se présentent sous forme de collines raides et régulières, couvertes de forêts.
Genêts et Sucs : les paysages du Mezenc
Tence et Yssingeaux sont de grosses bourgades assez animées : le marché de Tence nous fournit les fromages de chèvre du déjeuner, et nous prendrons le café à Yssingeaux,
dans des chaises longues s'il vous plaît, non mais, on dirait des touristes ...
Le retour, très joli également, sera un peu plus difficile, avec plus de montées marquées et du vent de face. Ces plateaux à plus de 1000 m d'altitude doivent être très austères en hiver.
Dans les hameaux, les maisons sont assez dispersées, de belles maisons trapues en pierre brune.
Nous passons par Le Chambon sur Lignon, un village dont le nom est connu bien au-delà de ces Hautes terres du Mézenc, pour son émouvante histoire . En entendant les enfants jouer dans la cour d'une école, j'ai une pensée pour ces enfants juifs qui ont
passé ici, dans ces fermes, plusieurs années de leur vie pendant la dernière guerre, et qui ont pu grandir, avoir à leur tour des enfants, des petits enfants ... une pensée pour ces personnes qui
les ont sauvés.
Là, un local sympa nous indique la petite route assez raide qui permet d'éviter la grosse départementale pour le retour à St Agrève. Valence n'est pas bien loin mais en Ardèche les routes ne sont
jamais bien rapides ... heureusement nous n'aurons pas, à la traversée de Lamastre, à affronter un enchevêtrement de camions dans les rues étroites comme ce matin !
Cette fois, la saison de vélo a vraiment démarré ... l' "envie d'Ardéchoise" se fait plus insistante ... A St Agrève il faisait encore frais (19°) , à Valence ce soir c'est l'été et la
piscine est à point (22°C- maintenant on peut vraiment se tremper facilement et nager) .
Mardi 12 mai 2009, Saou, escalade
Nous avons bien hésité, ce lundi, pour choisir l'activité du lendemain ... ski ... ou pas ? L'isotherme est décidemment trop élevé, le regel une chimère, et on annonce même des orages matinaux.
Pas de quoi se motiver pour se lever à 3 heures du matin, sûrement pas.
Surtout que je suis atteinte d'un accès de paresse et de léthargie poussé à l'extrême ce mardi.
Laure et moi adoptons le plan B : une grande après-midi d'escalade à Saou. Ce sera la reprise, nous n'avons pas grimpé depuis l'année dernière. Cette phrase "c'est la
reprise" reviendra comme un leitmotiv tout l'après-midi, pour excuser tous nos micro-buts et autres petits reculs devant l'adversité.
Les rituels de préparation : les chaussons .... le baudrier ........le noeud !
Il fait beau, un peu trop chaud mais un léger vent rend la chaleur supportable. Comme d'habitude en semaine, il n'y a pas un chat dans la falaise !
C'est la reprise : on a donc le droit de commencer par un petit 5b d'une quinzaine de mètres que je connais par coeur : le blues des fourmis. Lesquelles fourmis se baladent dans
la voie avec aisance.
On continue par la voie "Christophe", un 5c facile mais long que je connais bien aussi ; c'est une belle voie, bien équipée et sans surprise. La cotation est un peu au-dessus de
la réalité.
Deux mètres à gauche et j'attaque "pulsions primitives" (5c) . Après un petit pas bien délicat et haut au-dessus du clou , j'aperçois une grosse chaîne de relais. Je suis
loin d'avoir atteint le haut de la voie mais tout à coup, l'envie m'a quitté de sortir au sommet ! C'est la reprise ...
Laure a envie de grimper un peu en tête, mais comme "c'est la reprise", elle préfère un 5b . Nous allons donc visiter "Check-up total" , une longue voie à côté de laquelle se
trouve "Quoi de neuf docteur", un 6a somptueux que j'ai la fierté d'avoir grimpé en tête un jour faste ! Après un essai, Laure me laisse finir "Check-up total" que je trouve très sympa, un
soupçon engagée mais sans plus ; le seul pas un peu fin est très protégé.
Pour un intermède plus facile, je lui propose la première longueur du pilier du soleil. Elle
n'en fera qu'une bouchée en tête. Les points sont déjà un peu espacés, mais elle en saute un, effectuant pas loin de 10 m, certes faciles, au-dessus du spit !
Pour terminer, nous allons rendre visite au "Lézard émietté"(coté 5b) . J'avais déjà gravi cette voie avec Pierre, et j' avais gardé le souvenir de quelque chose
de bizarre, sans savoir pourquoi.
On a compris maintenant !
Au début de la longueur, les points sont espacés de 5-6 m . C'est tolérable tant que la paroi ne se redresse pas. Ca devient franchement stressant dans le haut, plus difficile et raide, je dirais
même que c'est carrément dangereux et nous avons renoncé toutes les deux, en redescendant sur un maillon à attache rapide.
Six mètres entre les points,signifie chuter de 12 m voire un peu plus dans le cas le plus défavorable. C'est énorme, surtout avec une partie basse relativement peu raide avec des petites vires et
bossettes. Je ne vois pas l'intérêt d'un tel engagement dans une voie de difficulté moyenne. Les points devraient être nettement plus rapprochés dès lors que les pas dépassent la difficulté
moyenne de la voie. C'est certain qu'un grimpeur de haut niveau ne doit pas voir les subtiles différences entre 5a et 5c ...
Je préfère les lézards entiers !
Je ne retournerai plus dans "lézard émietté "!