Jeudi 24 septembre 2009, Boucle Royans-Tourniol, 64 km , 1100 m D+ , 3h20 de vélo
Aujourd'hui nous devions aller rouler dans le Pilat avec Fantomette, un lieu à mi-chemin de nos tanières respectives pour une première rencontre. Mais Fantomette est malade et nous avons reporté ce projet à la semaine prochaine. J'ai mis le circuit concocté au frigo, il va bien se conserver une
semaine ...
Après un accès d'activité ménagère intensive - ça peut arriver - (DégivrageFrigoLavageEtendagePlastiquesJournauxVerresAJeterConfectionDeGateau)
je finis par gonfler mes pneus et me décider pour un petit Tourniol . Je ne sais pas combien de fois j'ai gravi ce col ... mais je ne l'ai remonté qu'une seule fois par le Nord, côté Royans . Pour varier un peu, je pars de la Baume
d'Hostun.
Le vent est favorable ! Les 12 kms jusqu'à St Jean en Royans sont gobés en une demi-heure : ce n'est pas dans mes habitudes ![]()
Le temps est (très) brumeux , en particulier dans le secteur de Léoncel ; il est cependant moins triste que l'an dernier, où un vilain nuage froid enveloppait le secteur. Point
de froid aujourd'hui, il fait tiède et un peu humide. Pas un temps à sortir un appareil photo. Il n'y a guère de monde dans cette longue remontée en pente modérée : quelques voitures, quelques
cyclos, dont deux amoureux sur le bord de la route.
Le dopage au pain d'épice maison est assez efficace ; les quelques lacets plus raides pour aller de Léoncel au Col de Tourniol sont certes soutenus, mais cela
n'a rien à voir avec les petites bosses infernales de la Drôme des Collines.
Une belle descente m'attend jusqu'à Barbières, sous un soleil redevenu plus franc.
Vers Beauregard-Baret depuis le Petit-Col-Qui-N'a-Pas-De-Nom
Pour mon retour, j'ai droit à un bon petit coup de mistral : à vrai dire, je m'y attendais un peu. La D25 qui longe le pied du Vercors comporte encore quelques petites bosses (enfin ... des
bossettes ... des bossinettes même) avant une descente rapide vers Hostun. Autant j'adore cette section en descente , autant je ne l'aime pas dans l'autre sens ! Il faut
dire qu'elle est très rectiligne, et je préfère nettement les lacets pour les montées.
Voili voilou , c'était le petit tour du jour !
Demain soir nous attendons un cyclotouriste hollandais . Le suspense est insoutenable . parviendra-t-il jusqu'à chez nous ou sera-t-il repoussé comme les autres par l'effet triangle des Bermudes ?
Mardi 22 septembre, Omblèze, escalade
Après la balade-spéléo sous la pluie, les deux renardes de la première heure se retrouvent pour de l'escalade sous le soleil d'Omblèze. Caro reprend après deux ans
d'arrêt d'escalade. Quant à moi, je n'ai pas vraiment beaucoup grimpé cet été.
Nous nous dirigeons donc vers un secteur situé à gauche de la falaise d'Anse , nommé "Lutin Malin" et connu pour ses voies de difficulté modeste. Je n'y suis
encore jamis allée, malgré toutes mes visites à Omblèze !
Comme partout à ici, l'équipement est excellent. Ici, en accord avec la vocation pédagogique du secteur, il est même très reserré ... et infiniment rassurant !
Les brumes de la plaine sont loin derrière nous et un soleil radieux inonde les lieux. Il y a juste un petit soupçon de vent pour empêcher de trop chauffer
Nous allons ratisser méticuleusement toutes les premières longueurs du coin (les secondes longueurs étant excessivement raides et hors de portée) . Ce sont des voies d'environ 15 mètres, bien
redressées, dépourvues de terrasses ou de végétation, très intéressantes dans ce niveau.
La première voie que nous honorons de nos chaussons est Irish Coffee (4c) . Pour une voie de ce niveau, elle comporte à mi-hauteur un petit pas un peu sournois. Pour le reste
elle nous permet de (re)prendre contact avec ce rocher raide, pourvu d'aplats plus agréables pour les pieds que pour les mains.... les doigts rêvent de prises crochetantes, et parfois, trouvent
sur l'aplat une aspérité où effoncer la pulpe avec délectation ...
La suivante s'appelle "Melody Nelson" (4c)
"Ça c'est l'histoire
De Melody Nelson
Qu'à part moi-même personne
N'a jamais pris dans ses bras
Ça vous étonne
Mais c'est comme ça" S.Gainsbourg
La voie quant à elle est superbe ; comme les autres, c'est plutôt un 5 qu'un 4c, mais il est rare de trouver des voies de cette difficulté aussi
jolie. La sortie , en particulier, sur un rocher coloré, raide avec de grosses prises, vaut le déplacement.
Une arche !
On continue par Pour Cloclo et Au bord du trou ; Deux belles voies également, avec toujours une partie basse sur a-plats et un redressement final plus prisu . Le
relais de la seconde est situé près d'une remarquable petite arche naturelle. Ce sont des escalades particulièrement agréables ...
Nous passons ensuite aux deux voies côtées 5a , "la Lune Ulule" (un peu trop courte, moins variée que les précédentes) et "harricana" (très jolie ... que j'ai eu
la curieuse impression d'avoir déjà gravie !) . Il n'y a pas de vraie différence entre 4c et 5a, on est toujours dans du 5.
Pour terminer, Caro fait "Lutin Malin" (4b) en tête. Elle est plutôt moins jolie que les autres ! (bien sûr pas Caro, la voie !)
Nous allons ensuite faire une petite visite à la Chute de la Druise, qui est tout près ... La cascade est toujours aussi belle .... l'eau a encore perdu quelques degrés ... les visiteurs ne
manquent pas !
Bleu Vert
Druise
Micro-climat au col de la Bataille
Dimanche13 septembre 2009, Massif des Bauges d'Arclusaz par la ceinture rocheuse, 1400m D+
Il paraît qu'au moindre retard de compte-rendu j'aurai un mot sur mon carnet, alors voici mon devoir du jour !
Avec Caro et son beau-frère Mickaël, nous choisissons d'aller dans les Bauges pour changer un peu. Nous n'avons encore jamais foulé ni de nos pieds, ni de nos skis, le sommet de
la Dent d'Arclusaz (2041m) au-dessus de St Pierre d'Albigny.
Le cheminement qui nous tente, c'est le passage par la ceinture rocheuse ; Caro et moi partageons le goût des itinéraires sauvages et parfois à la limite de la randonnée. Celui-ci devant
être parcouru lorsque la terre est sèche, en raison des nombreux passages terreux-herbeux assez exposés, c'est le moment d'en profiter.
Voici où trouver des précisions sur cet itinéraire
Le lien Bivouak
Le topo d'Antoine Salvi
Caro fait de la botanique
Le "vrai" départ n'est pas très simple à trouver, entre les pistes forestières, les chemins creux et raides remplis de feuilles qui sont en fait des toboggans de tirage, le sentier
transversal qui descend alors qu'on l'espère montant .... mais ce petites hésitations font partie du plaisir, et se déroulent dans une ambiance mystérieuse et embrumée . Nous ne faisons aucune
erreur cependant, et bientôt nous tombons sur un balisage abondant.
Une première barre rocheuse est surmontée grâce à un câble qui semble neuf. Au dessus, l'herbe sert parfois de prise, tout autant que les rochers. L'impression de vide est très atténue par la
visibilité modeste. Une trouée se présente, laissant entrevoir les sommets lointains, mais elle ne fait qu'accentuer l'impression d'étrangeté. Les repères habituels sont boulversés.
Caro dans le passage
clé Rocher
étrangement ciselé
En partie haute, nous pénètrons dans la cheminée tout droit : un premier passage facile, puis une sorte de mur, pourvu de bonnes marches mais assez impressionnant car on y accède par
le côté et on est tout de suite plusieurs mètres au-dessus du fond du couloir. Mais les marches sont bien horizontales, et font près de 10 cm : de quoi placer les pieds en sécurité, tandis que
les mains s'appuient sur des a-plats. Le passage est rapidement franchi, et la corde restera au fond du sac.
La plus belle éclaircie du jour
Nous sommes maintenant au soleil, même si les nuages baujus nous environnent . Nous débouchons sur l'arête, tout près du Col d'Arclusaz.
La montée (sur sentier) pour atteindre le sommet de la Dent est plus longue qu'on imagine. Traverser près des arêtes n'est pas une bonne idée, on perd beaucoup de temps, il vaut mieux accepter la
brève redescente.
Longue traversée vers la
dent
Le miam
Merde ... nuages !
De nombreux randonneurs arrivent au sommet par le chemin que nous emprunterons à la descente, tandis que nous pique-niquons en espérant en vain le départ des
nuages.
Descente sereine dans l'herbe
La descente se déroule sans incident sur un bon sentier ; nous sommes suivis par deux jeunes chiens de chasse aussi gentils que stupides, qui ont perdu leur meute et croyaient l'avoir
retrouvée avec nous. Plus collant qu'eux tu meurs !
Il faudra revenir pour la sensation de vide dans la ceinture rocheuse car le brouillard gomme tout ! Quand on fait de la rando du vertige on se délecte aussi de la vision du fond de vallée tout en bas tout en bas , des parois qui plongent et des ravins insondables ...
Jeudi 10 septembre 2009, Massif de la Chartreuse, Grand Som par le col du Fret, 1100 m D+
Ce matin pleine de bonnes résolutions pour cette année scolaire qui commence, bien décidée à exploiter au maximum les journées combinant congé ET beau temps, j'ai réglé le réveil sur
5h30. J'avais pensé sortir avec Laurence, mais elle s'est mise activement au parapente et attend une voile qu'elle doit essayer. Je n'ai donc rendez-vous qu'avec moi-même.
5h30 donc .... mais qu'est-ce qu'il me veut ce téléphone portable .... je mets plusieurs minutes à émerger de mon état semi-comateux. Autant je me lève facilement quand je sais qu'on m'attend (on
se moque beaucoup de moi à la maison pour mon obsession de la ponctualité) , autant là, franchement, c'est dur. De plus j'ai perdu mes bonnes habitudes printanières.
Grand Som : troisième sommet de Chartreuse
Il me faut arriver sur place pour retrouver l'inaltérable plaisir d'être en montagne. J'ai choisi d'aller découvrir deux itinéraires que je ne connais pas : le col du Frêt par
les 120 lacets (bon c'est vrai je l'ai skié dans le brouillard celui-là) et l'arête Nord du Grand Som , et le Racapé suivi de la crête
des Aures à la descente. Le départ se fait des Reys, un hameau situé non loin du Col du Cucheron. On peut trouver une excellente description de ce
circuit dans Chartreuse Inedite de Pascal Sombardier.
Le départ est facile à trouver, et pour gravir les 120 lacets qui suivent, il suffit d'une seule paire de chaussures. Je n'ai pas compté les lacets, car certains sont tout petits, des bébés
lacets. Si l'air était vif au départ, il fait bien chaud lorsque j'arrive au col du Frêt (bon OK je sors elle n'est pas terrible ...c'est à force de faire trop bloguer ....)
La vue est un peu décevante car une sorte de brume rend les sommets lointains presque invisibles et même les vues proches sont assez ternes.
Arête N : arbres et
rochers
Un passage plus dégagé
Il me reste 300 m à gravir mais la petite arête Nord comporte beaucoup de petites bosses. Elle est peu exposée, plus facile que je l'imaginais ; il faut parfois se contortionner pour passer sous
les arbres assez envahissants. Deux passages sont infranchissables sur le fil, il faut descendre versant Ouest pour en faire le tour.
Vers le haut je suis doublée par un gars en course à pied, qui semble "facile"et je rencontre un parapentiste : les sommets proches de Grenoble sont régulièrement fréquentés, en semaine
également, par des aficionados de disciplines variées.
L"étonnante table d'orientation du sommet
Et une curieuse plaque qui clame une vérité irréfutable !
La plaque qui fait peur !
Le passage qui ne fait pas peur !
La descente par le Racapé comporte un passage câblé sans difficulté. Au col en dessous, celui-ci est signalé par un panneau très dramatique ! Mais je trouve ça bien
mieux qu'une interdiction ...
Je suis maintenant sur un itinéraire beaucoup moins connu, dans une forêt où la végétation s'en donne à coeur joie. la fréquentation semble cependant suffisante pour garder le sentier visible. En bas, je perds un peu les repères de la description, mais au moment où je me dis que je vais finir par un plan total loose dans la forêt, je tombe sur mon sentier de montée.
Seul regret, je n'ai pas vu un seul chamois ! Que des moutons !
Cette jolie boucle m'a pris environ 6h, je m'accorde une gauffre et un café à St Pierre de Chartreuse ....